Depuis 2011les Fonds Livelihoods financent de grands projets qui visent la restauration d’écosystèmes naturels et agricoles pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique. A ce jour, leurs projets touchent 1,5 million d’habitants e Afrique, Asie et Amérique Latine (avec un objectif de 5,5 millions d’habitants). En l’espace de quelques années, les Fonds Livelihoods ont réussi à planter 130 millions d’arbres, restaurer 47 000 hectares, équiper 120 000 familles avec des foyers à bois améliorés et ont commencé à bâtir des chaînes d’approvisionnement durables avec des petits fermiers. De plus, leurs projets vont séquestrer ou éviter l’émission de 28 millions de tonnes de gaz à effet pendant leur durée de vie (de 10 à 20 ans). En savoir plus sur les engagements, les objectifs et les réalisations des Fonds Livelihoods.

Mais comment développer un projet avec des bénéfices tangibles avec des dizaines de milliers de personnes dispersées sur des milliers d’hectares en zone rurale ? Et comment s’assurer que ces projets généreront des bénéfices qui durent dans le temps ? Découvrez les 5 ingrédients clés qui constituent la colonne vertébrale de l’approche des Fonds Livelihoods.

1. Lier l’action climatique à des bénéfices sociaux et économiques

La dégradation de l’environnement, la pauvreté et le changement climatique forment un cercle vicieux. Les populations défavorisées n’ont parfois pas d’autre choix que de couper des arbres pour avoir du bois de chauffe et du bois d’œuvre ou d’utiliser des techniques d’abattis-brûlis (incendie de parcelles boisées pour avoir de nouvelles terres fertiles) car leurs terres sont appauvries par des pratiques agricoles peu efficaces. Leur donner des alternatives pour améliorer leur quotidien et sortir de ce cercle vicieux est de ce fait une première étape pour leur permettre de préserver leur écosystème.

En action :

En Indonésie, en partenariat avec l’ONG Yagasu, le Fonds Carbone Livelihoods a planté 18 millions de palétuviers pour reconstituer une barrière naturelle pour les villages côtiers confrontés à des cyclones, des inondations et de grandes marées. En plus de protéger les villages, les palétuviers ont donné naissance à une économie verte. Des bassins aquacoles ont aussi été restaurés grâce au projet. Les villageois ont ainsi pu diversifier leurs activités avec des poissons, des crabes et des crevettes qui sont désormais exportés dans les pays voisins. Les villageois ont développé de nouvelles activités qui concilient développement économique et préservation de leur environnement : création de batiks et d’encres naturelles à partir de la fibre des mangroves, production de miel dans la forêt de palétuviers… 20 000 villageois bénéficient de cette nouvelle économie et ils désormais sont les premiers défenseurs de leur forêt qui leur apporte nourriture et revenus.

2. Donner le rôle principal aux villageois

Les Fonds Livelihoods ont fait le choix de ne pas distribuer d’argent directement aux bénéficiaires des projets. A la place, les fonds préfinancent des développeurs de projets (ONG, entreprises sociales…) pour qu’ils puissent former les villageois et leur apporter toute l’assistance technique et le matériel nécessaire pour qu’ils puissent écrire leur propre histoire. Les projets sont conçus avec les communautés et mise en œuvre par les communautés elles-mêmes.

En action :

Dans la région du Mont Elgon, dans l’ouest du Kenya, l’ONG VI Agroforestry forme 30 000 agriculteurs à des pratiques simples pour augmenter la production laitière et la productivité des cultures tout en préservant la biodiversité et les ressources en eau. Les agriculteurs sont formés à des pratiques d’agriculture durable et de gestion des terres adaptées au contexte local, comme le compostage, la diversification des cultures, la production de fourrage dans la ferme, le zéro-labour… Cet investissement dans un modèle d’agroforesterie « low-cost » vise à multiplier la production laitière par presque 30 en 5 ans à augmenter la productivité des cultures par 30%. Ces pratiques ne requièrent pas d’investissement financier de la part des agriculteurs et ils peuvent les reproduire sans l’aide de l’ONG.

3. S’associer à des développeurs de projets ancrés localement

Les Fonds Livelihoods s’associent à des développeurs de projets (ONG, entreprises sociales…) avec un fort ancrage local pour co-construire et mettre en œuvre ses projets sur le terrain. La raison de ce choix est simple : les projets des Fonds Livelihoods sont avant tout des projets de transformation sociale. Les projets s’appuient sur les liens des communautés pour atteindre une grande échelle et générer de l’impact. Parc conséquent, ils doivent être portés par des organisations solides capables de susciter une mobilisation de fond dans les villages et de gérer des projets complexes qui intègrent des composantes sociales, économiques et environnementales.

En action :

Dans la vallée d’Araku en Inde, Naandi, une ONG indienne, travaille avec les tribus Adivasis depuis plus de 20 ans. Grâce à son approche holistique qui recouvre la santé, l’éducation et l’agriculture, Naandi a su gagner la confiance des Adivasis. L’ONG a créé un lien si fort avec eux qu’elle a pu mobiliser 25 000 villageois pour planter 6 millions d’arbres fruitiers et de caféiers avec le Fonds Carbone Livelihoods. Cette initiative a ouvert la voie à un projet encore plus grand lancé en 2018 où 40 000 agriculteurs vont adopter des pratiques agricoles durables sur 18 000 hectares.

4. S’appuyer sur des pratiques simples et reproductibles

Les solutions d’énergie propre, les pratiques agricoles durables et les techniques de préservation des ressources en eau existent. Le vrai défi est de les rendre accessibles et abordables au plus grand nombre de personnes, dont ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. De plus, les techniques et les technologies proposées doivent prendre en compte la dynamique sociale des communautés pour garantir leur adoption par le plus grand nombre.

En action :

Au Burkina Faso, les communautés utilisent principalement le bois pour cuisiner. Dans le nord du pays, le besoin en bois de chauffe accélère la déforestation, dans une région où le désert grignote inlassablement les terres agricoles. Le Fonds Carbone Livelihoods et l’ONG locale tiipaalga ont équipé 30 000 familles de foyers de cuisson améliorés qui réduisent la consommation de bois de 60 % et ainsi contribuent à lutter contre la déforestation. La particularité de ce projet est que les foyers de cuissons ont été construites par les 30 000 bénéficiaires elles-mêmes. tiipaalga a conçu le foyer à partir de matières premières naturelles et gratuites disponibles localement (argile, crottin d’âne, paille, eau…). Les bénéficiaires ont été formées par des femmes issues de leur propre communauté ce qui a créé un cercle vertueux menant à un taux de pénétration de 100% dans les villages où le projet a été déployé.

5. Investir sur le long terme

Les projets des Fonds Livelihoods visent des transformations profondes qui nécessitent du temps pour que leurs bénéfices demeurent. Les communautés ont besoin de temps pour s’approprier les nouvelles pratiques agricoles ou pour bâtir un nouveau lien avec leur écosystème. Villageois et agriculteurs ont besoin de temps pour développer et maintenir des activités économiques qui font prospérer leur famille et la nature en même temps. Les arbres ont besoin de temps pour grandir afin de retenir de grandes quantités de gaz à effet de serre et de restaurer la fertilité du sol. C’est pour cela que les projets des Fonds Livelihoods durent jusqu’à 20 ans.

How we do it:

Au Guatemala, le Fonds Carbone Livelihoods soutient des communautés Maya Q’eqchi et Ladinos marginalisées dans la restauration de leur forêt. Les villageois ont planté 2 millions d’arbres de plantes d’espèces différentes : citron, café, cardamome, cacao, acajou, cèdre… En plus de reconstituer leur forêt, ces arbres constituent des sources de revenus pour les habitants. Le Fonds Carbone Livelihoods financera l’ONG locale FundaEco, en charge de la mise en œuvre du projet, pendant 20 ans pour assure le suivi des plantations afin de s’assurer que les arbres grandissent bien et que les villageois en tirent les bénéfices attendus. C’est seulement grâce à un investissement sur le long terme qu’il est possible de garantir que l’impact du projet est vraiment durable.

Photos : Lionel Charrier, Nicolas Gauduchon, Hellio-Vaningen, Gérard Tordjman/ Livelihoods Funds.

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