Le cyclone Amphan qui a frappé le Bengale, dans l’est de l’Inde, le 20 mai dernier, serait la tempête tropicale la plus dévastatrice que la région ait connue depuis 1999. Avec des vents atteignant 265 kilomètres-heure et de fortes pluies, le cyclone a particulièrement touché Calcutta et les îles Sundarbans, où le Fonds Carbone Livelihoods (LCF) a lancé un projet de restauration de mangroves à grande échelle en 2011, avec la fondation Indienne la Nature Environment and Wildlife Society (NEWS). Les 4 000 hectares de mangroves restaurés selon le modèle LCF sont intacts et ont servi de bouclier vivant.

Sundarbans India

En Inde orientale, les Sundarbans forment le plus grand écosystème de mangrove estuarienne au monde. Lorsque le projet Livelihoods-NEWS a été lancé en 2011, l’objectif était clair : restaurer plus de 16 millions de mangroves le long de la côte pour protéger les digues, préserver la biodiversité et les moyens de subsistance de millions d’habitants qui vivent sur les nombreuses îles des Sundarbans.

Le projet est né au lendemain du cyclone Aila qui a frappé la région en 2009. Livelihoods a soutenu NEWS à passer à échelle un projet communautaire de restauration de la mangrove afin de constituer une barrière naturelle contre les inondations. 

Des millions de femmes des villages ont été impliquées et ont planté les mangroves pendant 3 ans. Grâce au ferme engagement de NEWS, les communautés locales ont mis en place une surveillance des arbres et un suivi permanent pour observer leur croissance. Les mangroves ont contribué à restaurer la biodiversité : poissons, oiseaux, crevettes et autres crustacés étaient de retour. Grâce au modèle Livelihoods qui repose sur une forte inclusion économique, la marque Badabon Harvest est née quelques années plus tard pour aider les agriculteurs des Sundarbans à commercialiser leurs produits sur les marchés de Calcutta.

Préparation des pépinières de mangroves.

Pépinières de mangroves.

Femmes et communautés locales plantent des mangroves en 2009.

LES 4, 000 HECTARES DE MANGROVES RESTAURÉES GRÂCE AU PROJECT LIVELIHOODS-NEWS SONT INTACTS

Près de dix ans plus tard, les 4 000 hectares de mangroves restaurées ont joué leur rôle de bouclier vivant. Elles ont agi comme barrière naturelle contre le cyclone Amphan, préservant ainsi les digues des inondations et de la salinisation. À l’exception de quelques branches cassées, les mangroves ont résisté à la violence des vents et aucun déracinement d’arbre n’a été signalé à ce jour. Toutes les populations locales ont été évacuées dans des abris, ce qui a permis de préserver des millions de vies.

Intact mangroves Amphan cyclone

Les mangroves ont survécu aux rafales de vents et sont restées vertes. Aucun déracinement des arbres n’a été à ce jour signalé.

Amphan cyclone mangroves embankments bio-shield

A gauche : les mangroves, véritable bouclier vivant. Au milieu: la digue. A droite : les arbres terrestres brûlés par l’inondation et la salinisation.

UN MODÈLE DE RÉSILIENCE À RÉPLIQUER À  GRANDE ÉCHELLE

Alors que la fréquence des cyclones dévastateurs dans les zones tropicales humides augmente, voici un exemple concret d’adaptation au changement climatique. La restauration de millions de mangroves le long de la côte contribue à accroître considérablement la résilience des populations. Bien que le cyclone ait détruit 80 à 90 % des propriétés et causé de lourdes pertes cultures agricoles et de la faune sauvage, des efforts à long terme sont maintenant nécessaires pour construire des villages résilients, en renforçant la création de valeur, de la ferme à l’assiette et en sécurisant les moyens de subsistance de ces communautés (par exemple, des centres de préservation des semences).

Nous sommes aux côtés de nos collègues des équipes NEWS et Badabon Harvest qui font face à ces temps difficiles mais qui agissent avec l’espoir d’aider collectivement à construire un modèle de résilience à grande échelle, durablement.

 

Crédits photo : Hellio Vaningen / Livelihoods Funds / NEWS

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